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7 déc. 2009

Un Enjeu Décisif

Le changement climatique pourrait saper bon nombre des progrès accomplis au cours des dernières décennies par les pays d’Amérique latine et des Caraïbes en matière de développement social et économique. Avec le concours de la BID, les gouvernements de la région conçoivent actuellement des stratégies pour s’adapter à différents scénarios de changement climatique, appliquent de nouvelles technologies en vue de réduire émissions de gaz à effet de serre (GES) et redoublent d’effort pour parvenir à un développement durable.

Les menaces pour la région

Malgré les incertitudes liées à la prédiction de l’impact du changement climatique sur des pays et des régions donnés et bien qu’il y ait un large consensus parmi les scientifiques sur le fait que l’Amérique latine et les Caraïbes pourraient s’attendre à voir se réaliser certains des scénarios suivants si les températures continuent à monter :

  • baisse sensible de la productivité agricole dans certaines régions entraînant des effets néfastes sur la sécurité alimentaire et les recettes d’exportation ;
  • diminution de la qualité, de la quantité et de la disponibilité d’eau pour la consommation humaine, l’agriculture et la production d’énergie ;
  • augmentation de l’intensité et de la fréquence d’événements extrêmes tels que les ouragans et les tempêtes tropicales. Les catastrophes naturelles liées au climat sont actuellement à l’origine d’une diminution de
    0,6 % du PIB réel par habitant dans les pays affectés ;
  • la disparition des glaciers dans les Andes, qui affectera au moins
    77 millions de personnes dès 2020, selon une estimation récente de la Banque ;
  • des dommages causés aux zones côtières du fait de l’élévation du niveau des mers ;
  • dépérissement généralisé des récifs de corail entraînant des coûts économiques importants, en particulier dans les Caraïbes ;
  • perte importante de la biodiversité due à l’extinction de certaines espèces et à la perte de services écosystémiques ;
  • remplacement progressif des forêts tropicales par de la savane en Amazonie, entraînant la perte éventuelle de 20 à 80 % de la forêt tropicale humide d’Amazonie suite à une augmentation de température de 2 à 3ºC3.

 La vulnérabilité et l’adaptation au changement climatique dans la région LAC

Le danger que fait peser le changement climatique sur les efforts de la région LAC pour instaurer un développement durable à long terme fait de l’adaptation une priorité fondamentale pour la région. Les secteurs prioritaires visés par les mesures d’adaptation comprennent :

l’agriculture. La modification des schémas pluviométriques et les sécheresses prolongées peuvent rendre certaines zones peu favorables aux cultures qu’elles produisent actuellement, poussant les agriculteurs à se déplacer, à adopter de nouvelles pratiques et de nouvelles cultures ou à investir dans des systèmes d’irrigation. Les groupes particulièrement vulnérables seront les petits exploitants agricoles qui dépendent de l’agriculture fluviale et n’ont pas généralement accès aux variétés de bétail ou de semences résistantes à la sécheresse ni à l’assurance-récolte.

Foresterie. Afin d’assurer que les forêts continuent de jouer un rôle important dans la régulation des écoulements d’eau, dans la réduction de l’érosion et dans la préservation de la santé des écosystèmes, il faudra adopter de nouvelles pratiques ambitieuses en matière de protection des forêts et d’exploitation durable des forêts.

Ressources en eau. Les zones affectées par la diminution des disponibilités en eau devront réaliser des investissements importants pour la conservation des ressources, l’application de techniques d’irrigation efficientes et la réduction de la demande. Étant donné que la consommation de l’eau a tendance à être extrêmement abusive dans la région, il existe un immense potentiel d’adaptation qui passe par une utilisation plus judicieuse des ressources en eau.

Énergie. La réduction des précipitations pourrait réduire la capacité de stockage des retenues d’eau qui alimentent les centrales hydroélectriques, contraignant ainsi au développement de nouvelles sources d’énergie. La diminution de la pluviométrie et l’augmentation de l’acidité des sols pourrait réduire la productivité des cultures servant de base à la production de biocarburants telles que la canne à sucre, qui fournit actuellement plus de 40 % du combustible de transport au Brésil.

Transport. Les inondations, l’érosion, la montée des marées et les ondes de tempête provoquées par les événements climatiques extrêmes pourraient contraindre à des investissements massifs en vue de renforcer la résistance des voies de transport, des ports et des voies ferrées.

Tourisme. Le changement climatique posera un problème épineux pour les pays qui sont fortement tributaires du tourisme comme dans les Caraïbes où ce secteur représente 14,8 % du PIB. Certaines infrastructures touristiques pourraient devenir inutilisables pendant de longues périodes du fait de la fréquence accrue des événements climatiques extrêmes et de l’élévation du niveau des mers.

Développement urbain et logement. Ces facteurs pourraient également contraindre au déplacement des immeubles résidentiels et commerciaux dans les communautés côtières où sont situées quelque 80 % des zones urbaines de la région LAC ayant une population de plus de 5 millions d’habitants.

Le défi et les possibilités offertes par la croissance à faible indice de carbone

L’Amérique latine et les Caraïbes représentent seulement 12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Comparativement à l’ensemble du monde, l’Amérique latine génère plus d’émissions de gaz à effet de serre (en pourcentage du volume total d’émissions de gaz à effet de serre au monde) dans deux secteurs : changement d'affectation des terres (47 % dans la région LAC, contre 19 % au niveau mondial) du fait des émissions de CO2 causées par le déboisement intensif ; et l’agriculture (20 % dans la région LAC, contre 14 % au niveau mondial), principalement à cause de l’utilisation intensive et inefficiente des engrais et des émissions de méthane provoquées par l’élevage de bovins.

Les émissions de gaz à effet de serre générées par la production d’électricité et de chaleur, le secteur manufacturier, le transport et d’autres sources représentent un pourcentage beaucoup plus réduit du volume total des émissions de gaz à effet de serre dans la région LAC, soit 28 % dans la région LAC contre 61 % au niveau mondial. À présent, la production d’énergie représente une proportion relativement faible des émissions de CO2 dans la région LAC, en raison de la forte dépendance de la région à l’égard de l’hydroélectricité par rapport aux centrales alimentées au charbon. Mais à l’avenir, la région pourrait vraisemblablement se tourner vers le gaz naturel et le charbon. Cette tendance, associée à la hausse prévue de 75 % des besoins en énergie de la région LAC d’ici à 2030, pourrait accroître les émissions liées à l’énergie par habitant dans la région de 10 % entre 2005 et 2015 et de 33 % pendant la période de 2005 à 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie.

La région LAC a d’excellentes possibilités d’améliorer sa matrice énergétique et sa viabilité du point de vue écologique. D’abord, la région possède d’immenses capacités pouvant lui permettre de satisfaire ses besoins en énergie en recourant à des sources d’énergie renouvelables. Les nouvelles capacités de production hydroélectrique pourraient représenter 28 % de la production totale d’énergie d’ici à 2015 et 36 % d’ici à 2030. L’énergie éolienne fait déjà partie du dispositif énergétique en place dans 11 pays de la région. L’énergie solaire à petite échelle a démontré son efficacité dans des projets d’électrification rurale. L’énergie solaire à grande échelle se développe avec succès dans des pays comme l’Argentine avec le lancement d’un nouveau projet d’énergie solaire. Les coûts autrefois prohibitifs de la technologie géothermique sont en train de baisser. L’abondance de terres, d’eau et de soleil dans la région LAC en fait déjà un leader mondial dans le domaine de la bioénergie. Pendant l’année 2008, la production d’éthanol au Brésil est passée à 27 milliards de litres, contre 18 milliards de litres enregistrés deux ans plus tôt1.

Le vaste potentiel de rendement énergétique non exploité dans la région LAC pourrait aider à réduire l’empreinte de carbone de la région à un coût relativement bas. Les programmes d’efficacité énergétique réduiront la de­mande d’énergie à court terme, retarderont la construction de nouvelles capacités de production électrique, augmenteront la compétitivité des marchés et réduiront la consommation de combustibles fossiles. Selon une analyse récente de la BID, les investissements dans le domaine de l’efficacité énergétique pourraient faire baisser de 10 % la consommation d’énergie dans la région LAC au cours de la prochaine décennie, permettant ainsi une économie de 37 milliards de dollars en termes d’investissements différés pour la mise en place de nouvelles capacités de production. Les économies réalisées grâce à un éclairage plus efficient représenteront à elles seules 6 % du coût total de production d’électricité en 200611.

L’Amérique latine pourrait aussi réduire de façon significative les émissions dans des domaines comme :

  • l’utilisation de l’énergie dans les immeubles (par l’utilisation de systèmes d’éclairage, d’appareils et de systèmes de chauffage de l’eau plus économiques et l’emploi de meilleurs matériaux de construction et de méthodes de construction plus adaptées)
  • transport (par l’adoption de systèmes de transport public efficients, notamment par la promotion de réseaux de bus express)
  • l’utilisation de l’énergie dans l’industrie (par l’emploi de moteurs électriques efficients, de turbines pour récupérer l’énergie contenue dans le gaz rejeté par les appareils de chauffage, etc.)
  • l’agriculture et l’élevage (par le captage du méthane et la production de biocarburants dans les exploitations agricoles)
  • les services d’assainissement et d’élimination des déchets solides (par la mise en place de meilleures pratiques de gestion des déchets afin de contrôler les émissions de méthane et de cogénérer de l’électricité).
  • le déboisement évité (par l’adoption de mesures de conservation plus fortes et une exploitation plus efficace des marchés du carbone).

Le rôle de la BID dans la lute contre les effets du changement climatique

La BID s’attaque aux problèmes liés au changement climatique à la fois en aidant ses pays membres de la région LAC à adopter des mesures d’atténuation et d’adaptation et en prenant part aux efforts déployés par la collectivité mondiale pour définir des principes d’action et mobiliser de nouvelles sources de financement. À travers les activités de dialogue sur les politiques, les prêts à l’appui de réformes pour le changement climatique et la coopération technique, la BID collabore aussi avec les ministères nationaux des Finances et du Plan pour fixer les priorités nationales d’action et évaluer les besoins d’assistance financière et technique. La BID appuie les clients du secteur public et du secteur privé dans l’élaboration de projets dans le cadre du Mécanisme de développement propre (CDM), en examinant des approches programmatiques et en étudiant les possibilités d’utilisation de marchés volontaires.

La Banque fournit aussi un appui technique aux pays afin d’apprécier la vulnérabilité et les moyens d’adaptation potentiels dans des domaines clés comme l’agriculture et l’hydraulique. Au niveau mondial, la BID s’est jointe à un groupe de banques multilatérales de développement (BMD) pour la création d’un Cadre d’investissement dans les énergies propres (CEIF) afin d’accroître les investissements dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, de renforcer les mesures d’adaptation afin d’accroître la capacité à résister aux effets du changement climatique, d’assurer que les opérations financées par les BMD tiennent compte des considérations liées au changement climatique et de mettre au point des approches pour l’établissement de rapports sur les émissions de gaz à effet de serre.

La participation aux Fonds d’investissement sur le climat (CIF) a fourni à la BID d’autres possibilités de collaborer avec ses institutions partenaires et, plus particulièrement, un moyen d’attirer d’autres sources de financement multilatéral, bilatéral, commercial, en particulier le financement du carbone, mais aussi des financements intérieurs pour accroître l’échelle des investissements dans les pays. À travers ses différents guichets ouverts au secteur public et au secteur privé, la Banque soutient les objectifs du CIF à travers des prêts d’investissement, des actions de coopération technique, des dons d’investissement, des produits de savoir et de renforcement des capacités et des prêts à l’appui de politiques sur le changement climatique.

Les activités essentielles contenues dans la riposte de la BID face au changement climatique sont entre autres :

Conception de modèles de changement climatique

Les responsables des politiques ont besoin d’informations pour concevoir des programmes d’adaptation et d’atténuation qui tiennent compte des besoins et des conditions existant au niveau local. Dans le cadre d’un projet financé par la BID, le centre national de recherche atmosphérique des États-Unis (U.S. National Center for Atmospheric Research (NCAR)) apporte une aide à des institutions d’Amérique latine et des Caraïbes et à leurs personnels pour développer les compétences et les outils nécessaires pour évaluer les données climatiques, les modèles du système climatique et les facteurs de vulnérabilité existant dans leurs pays. Ce projet à trois volets favorisera aussi la communication entre les milieux scientifiques et les responsables gouvernementaux chargés de l’élaboration des politiques.

Sources d’énergie renouvelable

Depuis 2000, la BID a financé plus de 2,1 milliards de dollars de projets sur les énergies renouvelables dans la région LAC, notamment dans les secteurs de l’énergie hydroélectrique, de l’énergie éolienne et de l’énergie géothermique, en plus de l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le transport d’électricité. Des financements ont été octroyés aussi bien au secteur public qu’au secteur privé. Depuis 2005, la Société interaméricaine d’investissement, institution membre du Groupe de la BID, a financé plus de 10 projets sur les énergies renouvelables, notamment sur l’énergie hydroélectrique, les biocarburants et le méthane provenant des décharges. Le Fonds d’investissement multilatéral de la Banque a fourni un financement pour les énergies renouvelables et investi dans quatre fonds de capital-risque sur les énergies propres.

Efficacité énergétique

Les opérations du secteur public menées par la BID appuient des projets d’efficacité énergétique aux Bahamas, à la Barbade, au Chili, en Jamaïque, au Mexique, au Pérou et en République dominicaine, pour des investissements représentant plus de
100 millions de dollars EU. Les opérations du secteur privé de la Banque financent des investissements importants en matière d’efficacité énergétique dans l’industrie lourde et l’agro-industrie. Le département du secteur privé de la Banque travaille en partenariat avec le PNUD et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour créer des mécanismes de garantie destinés à développer et stimuler les investissements consacrés à l’efficacité énergétique dans les immeubles commerciaux au Brésil.

Transport durable

La BID est un pionnier dans le financement de réseau de bus express dans des villes comme Curitiba, Bogotá, Cali, Lima, Quito, Santiago, Rio de Janeiro et São Paulo. Ces réseaux ont la capacité de réduire nettement les émissions liées au transport dans les villes, en particulier lorsqu’ils intègrent des mesures visant à promouvoir le transfert des passagers vers le transport collectif, la construction de pistes cyclables et d’espaces piétons pour le transport non motorisé et des systèmes de contrôle de la circulation.

Le Fonds pour l’environnement mondial et la BID

Depuis qu’elle est devenue une Agence d’exécution du FEM en 2004, la BID a accru le montant des ressources sous forme de dons affectées à ses pays membres dans le but d’améliorer leur capacité de préserver et générer des biens environnementaux mondiaux. La réserve de projets/portefeuille actuel de la BID-FEM se monte à
106 millions de dollars affectés à des projets, dont certains sont admis comme des pratiques optimales et reconnus pour leur conception innovante. Les projets d’atténuation des effets du changement climatique correspondent à 29 % du portefeuille total.

Limiter les impacts climatiques des projets de la BID

La BID a lancé un processus sans précédent en vue de limiter les émissions de gaz à effet de serre des projets qu’elle finance en publiant une série de directives applicables aux centrales électriques alimentées au charbon. Les nouvelles directives sont les premières d’une série de directives qui fixeront des limites claires et appliqueront des normes et des critères cohérents concernant les impacts climatiques tolérables des projets financés par la BID. Les secteurs pouvant bénéficier de projets comprennent le secteur manufacturier, l’agriculture et du pétrole et du gaz. La Banque a choisi d’adopter des seuils d’émission spécifiques—au lieu d’un paramètre plus général—afin de fournir plus de clarté et des critères transparents aux gouvernements et aux investisseurs qui sollicitent des financements auprès de la BID. Ces seuils sont susceptibles d’être accrus à mesure que seront mises en application de nouvelles technologies permettant à tous les types de centrales électriques de fonctionner en ayant un impact réduit sur le climat.

Initiative sur les énergies renouvelables et le changement climatique

Un des principaux éléments déclencheurs de l’intervention de la BID dans le programme d’action sur le changement climatique a été l’approbation par son Conseil d’administration, en mars 2007, de l’Initiative sur les énergies renouvelables et le changement climatique (SECCI). Les objectifs de la SECCI sont de favoriser les sources d’énergie renouvelables, les technologies et les pratiques d’efficacité énergétique et le financement du carbone dans la région, mais aussi de promouvoir et financer des stratégies d’adaptation au changement climatique qui réduisent la vulnérabilité de la région face aux aléas climatiques. Les principales sources de financement de ces activités sont les Fonds multidonateurs SECCI BID et SECCI.
63 projets de coopération tech­nique au total ont été approuvés depuis 2007 au titre des deux fonds SECCI, pour un montant total de 35,1 millions $. Pour plus d’informations, prière consulter le site web de la BID, à l’adresse
www.iadb.org/secci.

Assurer un pointage des biocarburants

Afin d’assurer que les biocarburants ne viennent pas aggraver les problèmes environnementaux et ne réduisent pas la sécurité alimentaire en détournant des terres de la production alimentaire, la BID a créé une carte de pointage de la durabilité des biocarburants qui sera utilisé pour l’examen des projets susceptibles d’être financés par la BID. La carte de pointage a trait à 23 questions environnementales et sociales cruciales telles que la sécurité alimentaire, les émissions de gaz à effet de serre, la gestion de l’eau, le changement d’affectation des terres, la biodiversité et la réduction de la pauvreté. Au-delà de son utilité pour des projets individuels, la fiche de pointage augmentera les connaissances sur la relation entre la production de biocarburants et les changements d’affectation des terres et établira une comparaison entre les émissions de gaz à effet de serre générés le long de la chaîne de production des systèmes actuels et celle des systèmes futurs de production de biocarburants.

Le Plan d’investissement du Mexique soumis au CIF

Le Mexique a été le premier pays à soumettre un Plan d’investissement au Fonds pour les technologies propres du Fonds d’investissement sur le climat (CTF). Le plan a été préparé conjointement par la BID, la Banque mondiale et la Société financière internationale (SFI). Il indique la façon dont peut être utilisé le financement à taux concessionnel du CTF d’un montant de 500 millions $ pour mobiliser des investissements équivalant à 6,2 milliards $ au Mexique. La BID a actuellement accès à une enveloppe financière de 200 millions $ destinés à des programmes dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique réalisés par le biais du secteur public et du secteur privé. Ces programmes s’appuient sur l’aide financière et technique fournie actuellement par la BID au Mexique, notamment sur le Prêt à l’appui de réformes (PBL) en faveur de la réalisation du programme d’action du Mexique sur le changement climatique.

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